samedi 27 novembre 2010

Edgar est vraiment mort

Mon ami (un ami, hein ! attention, il a de la famille, des enfants, tout ça) m’a dit : « mon pote, faut qu’tu blogues. Si tu blogues pas, c’est trop naze ». Alors pas de blague, blogons.
Et justement puisque je peux dire ce que je veux puisque je suis anonymous (pas comme Philippe qui écrit sous son vrai nom, même si je pense qu’en fait il n’existe pas vraiment, Philippe, tellement il arrive à écrire tous les deux jours des trucs pas possibles, trop dans tous les sens, trop sur tous les sujets, trop éclectique, trop partout, même à l’autre bout du monde, même quand il écrit des trucs que je suis pas d’accord avec lui, je finis quand même par être d’accord. Il doit être plusieurs, Philippe. Mais puisqu’on reparlera de lui, on n’en parle pas plus maintenant. On a le droit de parler des autres blogueurs sur un blog ? Même pour dire du bien ?)
Bon aujourd’hui, le tome 2 de La Malédiction des Trente Deniers est disponible dans toutes les bonnes librairies. Blake et Mortimer reprennent du service. Trop content, ouame. Mais ça me tiraille un peu quand même. Qu’est ce qui me chatouille ? Hein ? D’où me vient cette langueur étrange et monotone (petite déprime) qui me fait de la peine ?
Je me demande si je n’aurais pas aimé que ces deux héros meurent avec leur papa, le bon Edgar, et entrent au Panthéon des œuvres achevées. Ils y seraient tellement bien avec Tintin. Les Trois Formules du Professeur Sato, inachevées, à coté de Tintin et l’Alphart, inachevé, auraient pu laisser nos imaginations déborder.
Les onze tomes d’Edgar se retrouvent aux cotés des neuf tomes (et ce n’est sûrement pas fini) de Bob de Moor, Yves Sente, André Julliard, Jean van Hamme, Didier Convard, Ted Benoit. Ah oui, ça ils s’y sont mis à plusieurs pour continuer le travail d’Edgar. Un peu comme Philippe, on peut se demander s’il était vraiment vrai, Edgar, s’il avait vraiment le temps de faire tout ça, s’il n’était pas plusieurs, Edgar.
Attention, je ne conteste pas le talent des successeurs d’Edgar. Ils ont créé des personnages, des histoires et des univers Xtra. Ca me fait juste de la peine de voir les Blake et Mortimer nouveaux continuer à se battre sur les étagères des promos comme des grands crus se retrouvent, chaque année en novembre chez Nicolas, côtoyant le Beaujolais-qui-ravit-les-cœurs-et-les-âmes.
Tintin n’est plus dans la compèt. On ne compare pas le Secret de la Licorne avec les Secrets de La Mer Noire (Largo). Blake et Mortimer, eux, continuent à se tirer la bourre avec les Largo Winch, Trolls et autres Lanfeust de Troy et des Etoiles et d’ailleurs, Lady S, William Shelton (vous ne connaissez pas William ? pas grave).
Je me foutrais des claques en me regardant attendre dans la file à la Fnac de payer mon dernier Blake et Mortimer, tout content de l’avoir trouvé en même temps que quelques autres âneries que je vais parcourir et oublier immédiatement sous un canapé.
Oui d’accord, il y a les mille papas de Spirou, de Gaston, de Lucky Luke, le dernier papa d’Astérix (hop-hop-hop on ne critique pas ! Même si…). C’est trop bien qu’ils vivent encore, qu’ils soient intemporels, qu’ils ne prennent pas de ride et gningningnin. Il n’empêche que certains auteurs ont tellement de talent (Michel Alzeal, Le Pantin. Chef d’œuvre !) qu’il est bien préférable de les laisser s’épanouir dans un univers à créer, plus que les contraindre à se fondre dans celui créé par un autre.
Alors je pose la question : faut-il tuer les personnages de bédé (même Olrik n’est plus aussi méchaaaaant après qu’avant, pas drôle, quoi !) quand leur papa s’en va ?

1 commentaire:

Anonyme a dit…

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